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Savoir prendre de la hauteur

Par Emmanuel du Ché, associé fondateur.

Dans le florilège des fonds ISR (Investissements Socialement Responsables) que nous avons étudiés, il y a les bonnes surprises, les mauvaises surprises, l’absence de surprises (le plus courant) et les problèmes de méthode et de cohérence globale (assez souvent sur les fonds thématiques).

Les fonds thématiques se vendent très bien, notamment auprès des investisseurs particuliers, mais aussi chez les institutionnels. Pourquoi ? Parce qu’ils sont faciles à décrypter. Un investisseur particulier ne sait pas ce qu’il y a dans un fonds ISR global, et le plus souvent il n’aura ni le temps ni les moyens de l’étudier pour comprendre à quoi sert son argent. Il saura tout juste sur quelle zone géographique il sera investi, Europe, Etats-Unis, Asie, etc.

Alors que si vous investissez sur un fonds thématique comme Energies renouvelables, c’est nettement plus clair. Il y a évidemment une dimension marketing dans la prolifération de ce type de fonds thématiques où chacun pourra choisir le thème qui lui convient.

Il convient donc d’être vigilant sur les fonds ISR thématiques axés sur un thème très spécifique. Par exemple égalité hommes-femmes (gender equality), vieillesse (golden age), capital humain, développement humain, ou le thème de l’eau.

Le gérant peut en effet s’accrocher à son thème et oublier l’essentiel.

Or aucun fonds thématique ne doit s’affranchir d’une bonne analyse « ESG » pour toutes les sociétés qu’il sélectionne pour son portefeuille.

Pour rappel : ESG, c’est Environnement, Social et sociétal, Gouvernance.

Donc c’est très bien qu’une société respecte l’égalité hommes-femmes à tous les niveaux, mais cela n’affranchit pas de respecter aussi l’environnement, d’avoir une bonne transparence sur les produits ou les services que l’on vend, d’avoir une bonne gouvernance, etc.

Autre exemple, une société peut œuvrer pour le bien commun en traitant les eaux usées, en distribuant de l’eau saine dans les pays développés ou les pays émergents mais en ayant de mauvaises pratiques, par exemple en arrosant les collectivités locales (oui jeu de mot facile ! en clair corruption), ou en ne respectant pas ses salariés, ou en ayant une mauvaise gouvernance dans ses instances dirigeantes, etc.

Ces quelques réflexions nous viennent de cas concrets rencontrés quand nous avons analysé les portefeuilles de certains fonds thématiques.

C’est la raison pour laquelle nous souhaitons toujours disposer de l’inventaire complet du portefeuille d’un fonds, qu’il soit thématique ou global, pour l’analyser sérieusement et pour lui donner une note ISR argumentée.

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